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Histoire
(d'après "Les schnauzers" de Dr Joël Dehasse)
L'origine du schnauzer
remonte au XIVe siècle. En Allemagne à Mecklenburg, une statue du XIVe s
représente un chasseur avec un chien de type schnauzer accroupi à ses
pieds. A Stuttgart, une autre statue 1620 intitulée "Le garde de nuit" le
met en scène. Les peintres Rembrandt (1606-1669) et Dürer (1471-1528)
l'ont aussi reproduit. Au XVIIIe siècle, des schnauzers ont émigrés en
Angleterre puisqu'on en retrouve dans un tableau de Sir Joshua Reynolds
(1723-1792).
Aux XVe et XVIe siècle, des
chiens de type schnauzer accompagnaient les commerçants de Bavière (au sud
de l'Allemagne, à la frontière Suisse) pour protéger les marchandises et
les chariots. Issus des chiens de ferme, ils avaient des caractéristiques
diverses : un poil lisse ou rude, de petite ou de grande taille, un pelage
de couleurs différentes. On les utilisait pour aider le fermier à rentrer
le bétail, pour garder la maison et les terres, et enfin pour tuer les
rats et autres nuisibles dans les étables, les écuries, les greniers et la
maison. C'est en raison de ce dernier travail qu'ils ont acquis le nom de
"ratier". Ils avaient la réputation de s'acharner et de ne penser qu'à
leur proie dès qu'ils en avaient flairé une. Selon Nora Snyers, des textes
de la fin du XIXe s parlent des compétitions de chasse aux rats organisées
en Angleterre et en Belgique : le schnauzer surpassait tous les terriers.
Ce chien de commerçant, de
la taille du schnauzer moyen d'aujourd'hui, était peu encombrant mais très
efficace pour éloigner les voleurs. Son histoire est comparable à celle du
chien de Rottweil, chien de bouvier qui accompagnait les éleveurs au
marché et qui défendait au retour le fruit du travail de son maître. Alors
que le bouvier de Rottweil prit le nom de rottweiler à la fin du XVIIIe s,
le mot "schnauzer" apparut dans la littérature en 1842 et, à partir de
cette date, fut utilisé comme synonyme pour désigner le pinscher à poil
dur, race reconnue en 1850. On prétendait à l'époque qu'à la souche
pinscher allemande, on ajouta du chien de Bologne et du spitz, avec un
mélange par la suite de caniche noir allemand et de spitz loup gris. Ce
pinscher à poil dur avait un pelage broussailleux et un barbe. On lui
taillait fréquemment les oreilles et on lui coupait la queue. D'autres
noms furent donnés à ce type de chien : Rauhaar pinsher, Rattenfanger
(chasseur de rat).
Le club de race allemand fut
fondé en 1878. La première exposition de pinscher à poil dur eut lieu à
Hanovre en 1879 : le vainqueur s'appelait... "Schnauzer". Cette anecdote
pourrait n'être qu'une fable, mais de nombreux auteurs croient en sa
véracité. En 1880 fut écrit le premier standard du "pinscher ou ratier
allemand à poil dur". Il exigeait un chien alerte au pelage dru. De
nombreuses couleurs étaient admises, comme les tons rouille, de jaune, de
brun et des parties décolorées. Ce n'est que vers 1900 que l'on imposa les
couleurs poivre et sel et noir.
Progressivement, le standard
évolua et exigea un chien plus robuste, plus vigoureux, plus élégant et
plus grand. On connaît les mensurations de deux célèbres champions, Kleo
Schwabing (37 cm pour 9 kg) et Peter Rappo Sohn (50 cm pour 18 kg). Ces
mensurations, citées par Virginia Rothe et reprises à partir du livre de
Richard Strebel, "Die Deutschen Hund" (publié en 1904), nous permettent de
penser que le schnauzer du début du XXe s était de taille petite à
moyenne.
Au tournant du siècle,
plusieurs éleveurs se distinguèrent. Parmi eux, Robert Schilbach de Saxe
qui développa la lignée des "Pfeff", schnauzers ressemblant à ceux
d'aujourd'hui. En 1912 naquirent deux frères de portée de la lignée Pfeff,
Rex et Rigo, élevés par Gottfried Albrecht de l'élevage v.d. Enz au
Wurtemberg ; ces deux étalons saillirent chacun plus de 100 chiennes et
furent, avec leurs descendants directs, à l'origine des schnauzers
actuels.
Le schnauzer continua sa vie
professionnelle comme chien militaire au cours de la Première Guerre
mondiale, autant comme courrier que comme chien de garde pour la
Croix-Rouge.
La classification
internationale du schnauzer varia. Classé un moment dans le groupe des
terriers, on le plaça en 1945 dans le groupe des chiens de travail.
Quelques dates
1878 : fondation du club
allemand du schnauzer.
1879 : première exposition à
Hanovre.
1880 : premier standard
allemand.
1920 : établissement des
trois variétés, nain, moyen et géant.
Histoire du Schnauzer géant
Le début de l'histoire du schnauzer géant se confond avec celle du
standard. Mais comme on l'a dit précédemment, le pinscher à poil dur était
de taille variable. Un tableau de 1850 représente la princesse Elisabeth
de Bavière, future impératrice Sissi, en compagnie d'un grand chien à poil
dur de couleur noire rougeâtre. On parlait du chien-loup de Bavière, issu
de bouvier d'Europe orientale... On n'est sûr de rien, toutes les
hypothèses sont permises.
En Allemagne, à la fin du XIXe siècle, deux éleveurs fort réputés ont
développé des géants : il s'agit de Karl Kluftinger (éleveur de Bazi von
Wetterstein) et du Dr Calaminus (éleveur de Fels v Kinzigtal). Un
troisième mâle, nommé Bruno, d'ascendance mal connu, fut le promoteur du
schnauzer poivre et sel. Il semble que tous les schnauzers géants
descendent d'un de ces trois illustres ancêtres. Avant cela, des emprunts
ont été réalisés parmi les dogues allemands, les chiens de berger, les
bouviers à poil dur, etc.
En 1909, on expose ces chiens géants sous le nom de "Riesenschnauzer" ou "Munchener
schnauzer" (schnauzer de Munich). Les éleveurs allemands se mirent à
travailler pour définir le type par la sélection et, probablement pendant
la Première Guerre mondiale, par apport de sang de bouvier des Flandres et
du bouvier de Roulers. Que les Belges aient ensuite délaissé le bouvier de
Roulers, très semblable au schnauzer géant, au profit du bouvier des
Flandres est une autre histoire que les historiens cynophiles tenteront
sans doute de comprendre un jour.
Le premier schnauzer géant fut enregistré par l'American Kennel Club en
1929 ; on reconnut la race en 1930.
L'armée américaine utilisa les schnauzers géants durant la Deuxième Guerre
mondiale. Par la suite, le poivre et sel disparut quasi complètement : on
le reconstitua à partir de schnauzers moyens.
Actuellement, les grands chiens de garde étant à la mode, le schnauzer
géant est populaire.
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